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Le registre de la fabrique de l'église Saint-Lié de Mohon

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À l’occasion du 50e anniversaire de la fusion des communes de Charleville, Étion, Mézières, Mohon et Montcy-Saint-Pierre, les Archives départementales des Ardennes mettent en lumière tous les deux mois un document emblématique issu des fonds d’archives de ces cinq communes.

Après la charte de Mézières, le deuxième document mis à l’honneur est le registre de la fabrique de l’église Saint-Lié de Mohon rédigé entre 1688 et 1794. La fabrique a pour mission de gérer et d’administrer, sous le contrôle du curé, le patrimoine de la paroisse dédiée à l’entretien de l’église et du culte. Elle est dirigée par un laïc qui porte d’abord à Mohon le titre de « mainbour » puis celui de « marguillier » à partir de 1726.

Responsable de biens mobiliers de la fabrique, le marguillier dresse tous les deux ans lorsqu’il transmet sa charge à un nouveau marguillier un « inventaire des ornements, argenteries, linges, papiers et titres » appartenant à l’église de Mohon. Ces inventaires rédigés sans interruption de 1688 à 1784 constituent l’essentiel du registre.

Le marguillier gère également les biens immobiliers de la fabrique et note dans ce registre les terres agricoles louées par celle-ci. Le 20 mai 1688 Jean Degas mainbour de l’église Saint-Lié de Mohon loue par exemple à Jean Colson pour neuf ans une terre à La Francheville en échange de la somme de quatre livres et dix sols par an. Il est précisé que ce bail est réalisé avec le consentement de Thomas Gobelet, curé de Mohon. Le marguillier liste également dans ce registre les terres et prés appartenant à la paroisse ainsi que certains obits (fondation de messe pour le repos de l’âme). Ainsi, ce registre nous apprend que « Damoiselle Henriette Hubert veuve du sieur Henry Bonnet marchande demeurant au Pont de Pierre » a fondé un « obit à perpétuité par une grande messe à commencer du jour de son décès et continuée annuellement à pareil jour pour la somme de quatre vingt livres comme il a été porté sur l’acte passé par devant Maitre Formé notaire à Mézières en date du 20 avril 1728 ».

Le marguillier est assisté dans sa tâche par un « bureau de la fabrique » qui est, en 1738, constitué, outre le curé et le marguillier en charge, de cinq anciens marguilliers et du syndic de la paroisse. Ce bureau, en plus de son rôle de gestionnaire des biens de la fabrique, est aussi en charge de l’organisation du culte. Le registre de la fabrique indique qu’il décide le 15 juin 1738 de louer les places sur les bancs de l’église afin « de prévenir les troubles qui pourraient arriver durant la célébration du service divin par des contestations entre différents particuliers dont on a déjà eu plusieurs exemples dans le cours de nos plus grandes solennités sur des prétendus droits d’occuper les mêmes places ».

Lorsqu’une décision engage toute la communauté, le bureau de la fabrique fait à l’issue de la messe assembler les paroissiens au son de la cloche. C’est le cas le 17 juin 1753 pour décider des moyens à mettre en œuvre pour recouvrer la somme octroyée par le roi en dédommagement de l’enclavement d’un terrain de la fabrique dans les fortifications de Mézières suite aux travaux d’agrandissement de celles-ci. Les paroissiens sont aussi appelés à se rassembler le 1er janvier 1754  « pour procéder à l’élection d’un chantre et maître d’école pour remplacer Pierre Le Clerc décédé le jour de Noël et faire à la pluralité des voix en la manière accoutumée le choix d’un sujet de bonne vie et mœurs. […] L’assemblée a conclu unanimement que dans le nombre des aspirants qui ont paru et chanté dans ladite église de Mohon, Jean-Baptiste Mary était préférable tant par sa voix pour le chant que pour sa capacité connue d’instruire et d’enseigner la jeunesse ».

Témoin de l’administration d’une fabrique et de la vie quotidienne d’une communauté, ce registre de la fabrique de Mohon est consultable aux Archives départementales des Ardennes sous la cote EDEPOT/MOHON/GG 1

Retrouvez dans deux mois un nouveau document extrait des archives communales de Montcy-Saint-Pierre.


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