Flux RSS des actualités des Archives départementales des Ardennes https://archives.cd08.fr/ fr Thu, 24 Sep 2020 16:11:24 +0200 Thu, 24 Sep 2020 16:11:24 +0200 La guerre de 1870 dans les Ardennes https://archives.cd08.fr/article.php?laref=1647&titre=la-guerre-de-1870-dans-les-ardennes https://archives.cd08.fr/article.php?laref=1647&titre=la-guerre-de-1870-dans-les-ardennes Mon, 21 Sep 2020 15:16:12 +0200 La principale source d’informations sur les combattants de la guerre de 1870 aux Archives départementales des Ardennes est l’ensemble des registres matricules militaires des classes 1867 à 1871 consultables en ligne sur le site des archives.

En 1870, le recrutement de l’armée suit les règles de la loi Niel du 4 février 1868 qui, elle-même, reprend largement les dispositions de la loi Soult du 8 février 1832.
Ainsi, pendant une grande partie du XIXe siècle, le recrutement de l’armée s’appuie sur trois grands principes : un contingent limité (c’est-à-dire le nombre d’hommes appelés à effectuer le service militaire), un service militaire long et le tirage au sort auquel est lié la pratique du remplacement.

À la fin de l’empire, le contingent annuel est fixé à cent mille hommes en temps de paix mais ce nombre peut être augmenté en cas de conflit. Il se monte par exemple à cent quarante mille hommes pendant la guerre de Crimée. Le contingent annuel représente ainsi, sous l’empire, entre le tiers et la moitié d’une classe d’âge.

Pour atteindre le nombre d’hommes fixé pour former le contingent annuel, l’armée accueille des engagés volontaires mais, ceux-ci ne représentant qu’entre douze et dix-neuf pour cent du contingent annuel, l’essentiel du contingent est constitué d’appelés. Ceux-ci sont les jeunes gens dont le numéro au tirage au sort s’est révélé être un « mauvais numéro ». Ils doivent alors, selon la loi Niel, effectuer un service militaire de neuf ans composé de cinq ans en service actif et de quatre ans dans la réserve. Néanmoins, ceux ayant tiré un mauvais numéro et qui sont définitivement appelés ou leur remplaçant, sont d’après l’ordre de leur numéro et le nombre d’hommes fixé annuellement pour former le contingent « divisés en deux classes composée, la première, de ceux qui devront être mis en activité, et la seconde, de ceux qui seront laissés dans leurs foyers ». Les jeunes hommes ayant tiré un mauvais numéro peuvent aussi échapper au service militaire en proposant à l’armée un remplaçant.

Les jeunes hommes ayant tiré un bon numéro sont, quant à eux, inscrits dans la garde nationale mobile qui ne peut être mobilisée qu’en cas de guerre. Organisée par département, elle n’a jusqu’à la guerre de 1870 qu’une existence théorique. Les quelques jours par an de formation militaire que doivent suivre ses membres ne sont en réalité pas effectués. Elle est cependant appelée à l’activité par la loi du 17 juillet 1870. Cet appel trop tardif des « bons numéros » en remontant jusqu’à la classe 1864, c’est-à-dire les hommes nés en 1844, ne permet qu’à un faible nombre de départements de former et d’envoyer vers l’est de la France des compagnies de gardes nationales mobiles. De plus, n’ayant pas reçu de formation militaire, ces troupes n’ont, au début de la guerre, qu’une faible valeur militaire et sont parfois source de désordre, comme c’est le cas des gardes nationaux mobiles de la Seine en août 1870 au camp de Châlons.

Cette législation a pour conséquence que vous trouverez principalement les combattants de la guerre de 1870 dans les registres matricules militaires contenant les listes cantonales du contingent, c’est-à-dire les hommes ayant tiré un mauvais numéro, leurs remplaçants et les engagés volontaires. L’autre type de registres matricules militaires, ceux comprenant les listes cantonales du contingent de la garde nationale mobile, ne contient que peu de soldats ayant combattu pendant la guerre de 1870, principalement des volontaires. Il est à noter que la collection des registres matricules conservés aux Archives départementales ne commence qu’à la classe 1867, autrement dit les soldats nés en 1847.

Le soldat Émile Jazeron, originaire de Sedan, dont le registre matricule est consultable au lien suivant https://archives.cd08.fr/ark:/75583/s00533c2fb26a07f/533c2fb26af3a, est un bon exemple de ce système et du parcours de nombreux soldats de la guerre de 1870.

Ayant eu la malchance de s’être vu attribué le mauvais numéro 14, il fait partie du contingent de la classe 1869 et part en août 1869 faire son service militaire en Afrique, probablement en Algérie. Comme la majeure partie de l’armée d’Afrique, il rembarque pour la France vers le 19 juillet 1870, date de la déclaration de guerre de l’Empire français à la Prusse. Fait prisonnier pendant la guerre, il part en captivité du 4 décembre 1870 au 24 juin 1871. Il retourne ensuite en Afrique du 29 juin 1871 au 19 mai 1874. Ayant alors effectué ses cinq ans de service militaire actif, il passe dans la réserve le 30 juin 1874. Il a ainsi fait partie des environ deux cent cinquante mille hommes mis sur le pied de guerre début août 1870 par l’empire et qui s’oppose à l’armée allemande composée de plus du double de soldats.

En dehors des registres matricules, les Archives départementales des Ardennes conservent d’autres sources, malheureusement beaucoup plus rares, sur les combattants de la guerre de 1870. Ces documents, étant conservés principalement dans des fonds d’archives communales, sont parvenus jusqu’à nous de façon très variable d’une commune à l’autre.

Les Archives départementales conservent notamment quelques documents relatifs aux francs-tireurs, c’est-à-dire des hommes qui prennent volontairement les armes et qui, selon la circulaire du ministère de l’Intérieur du 29 juillet 1870, sont chargés de la défense de leur foyer le temps de la guerre. Leur formation étant soumise aux autorités militaires locales, les compagnies de francs-tireurs doivent dresser des listes de leurs membres. C’est le cas de la deuxième compagnie organisée à Charleville de francs-tireurs ardennais qui soumet sa liste, conservée sous la cote 1J 152, le 30 septembre 1870, au commandant supérieur de la place de Mézières. Cette liste permet de découvrir les noms et grades de plus cent vingt francs-tireurs.

Aux côtés des soldats de l’armée régulière et des francs-tireurs, ont également combattu les hommes de la garde nationale sédentaire. Dissoute depuis un décret du 11 janvier 1852, la garde nationale sédentaire est rétablie par la loi du 12 août 1870. Un dossier conservé dans le fonds des archives communales de Charleville, sous la cote EDEPOT/CHARLEVILLE/1H 14, permet de découvrir les opérations de reconstitution de la garde nationale de cette ville ainsi que les listes des hommes la composant. Un autre document, d’origine privée, le récit du siège de Mézières par Auguste Fortemps, déjà cité dans le précèdent épisode, nous renseigne, quant à lui, sur la composition d’une des unités de la garde nationale sédentaire de Mézières. Auguste Fortemps fait, en effet, suivre son récit de la liste des deux cent trente et un membres de la batterie d’artillerie de la garde nationale sédentaire de Mézières. Il indique, pour chacun d’eux, leur grade, la fortification qu’ils étaient en charge de défendre et détaille les états de service des officiers.

Après les capitulations de l’armée à Sedan le 2 septembre 1870 et à Metz le 27 octobre 1870, l’armée régulière est en grande partie prisonnière. En dehors des hommes assiégés dans Paris, la France ne dispose plus que de cent cinquante mille hommes pour combattre l’ennemi. La délégation de Tours, constituée par le gouvernement de Défense nationale avant d’être encerclée dans Paris et dirigée par Gambetta qui cumule les fonctions de ministre de l’Intérieur et de la Guerre, ordonne le 2 novembre 1870 la levée en masse.

Contrairement à la mise en activité de la garde nationale mobile, qui concernait les jeunes hommes à partir de la classe 1864, ou à l’appel tardif par l’empire, le 20 août 1870, « de tous les citoyens non mariés ou veufs sans enfants de 25 ans à moins de 35 ans », cet ordre qui crée la garde nationale mobilisée concerne tous les hommes « valides de vingt et un ans à quarante ans ». « Toute exemption basée sur la qualité de soutien de famille est abolie ». Seules subsistent les exemptions liées à l’état de santé ou à l’accomplissement de certains services publics. La République s’engage à pourvoir aux besoins des familles nécessiteuses et à adopter « les enfants des citoyens qui succombent pour la défense de la patrie ».

Cet ordre se traduit par la réalisation de listes d’hommes mobilisés dont on trouve trace notamment dans le fonds d’archives communales de Maubert-Fontaine. Datée du 18 novembre 1870, cette liste recense les noms de plus de quatre-vingt mobilisés. La présence d’une telle liste dans les archives d’une commune du nord-ouest du département n’est pas un hasard. En effet, elle fait partie de la zone du département encore sous contrôle français alors que le reste des Ardennes est occupé par les troupes allemandes.

Les combattants de la guerre de 1870 sont ainsi composés de différents types de soldats faisant, pour certains d’entre eux, partie d’unités militaires formées dans l’urgence et l’improvisation. Cette complexité explique la diversité des fonds d’archives qu’il est nécessaire de consulter pour faire l’histoire de ces forces armées ou retrouver la trace d’un de ces combattants.

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Bonne nouvelle : le Petit Ardennais en ligne https://archives.cd08.fr/article.php?laref=1646&titre=bonne-nouvelle-le-petit-ardennais-en-ligne https://archives.cd08.fr/article.php?laref=1646&titre=bonne-nouvelle-le-petit-ardennais-en-ligne Mon, 21 Sep 2020 15:15:37 +0200 Ancêtre de votre quotidien actuel, le Petit Ardennais est dès à présent entièrement disponible en ligne, soit près de 60 années d’actualités quotidiennes à votre portée.

Vous pouvez non seulement avoir accès au journal qui vous intéresse précisément grâce à la recherche « jour, mois, année », mais l’accès est facilité par la recherche intitulée « texte libre » : un simple mot clé donne la possibilité de filtrer toutes les éditions contenant ce mot clé. C’est ainsi que l’illustration ci-contre a été trouvée grâce aux termes « Paul Laurent » tapés dans la zone de recherche.

Rendez-vous dans Voir les archives en ligne / Bibliothèque / La Presse.

Bonne navigation dans la presse quotidienne !

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La salle de lecture toujours ouverte sous conditions https://archives.cd08.fr/article.php?laref=1624&titre=la-salle-de-lecture-toujours-ouverte-sous-conditions https://archives.cd08.fr/article.php?laref=1624&titre=la-salle-de-lecture-toujours-ouverte-sous-conditions Mon, 21 Sep 2020 15:15:37 +0200 En raison du contexte sanitaire actuel, l’accès à la salle de lecture est soumis à de nouvelles conditions.

Les horaires d’ouverture ont été réduits. Les Archives départementales des Ardennes vous accueillent désormais les lundi, mercredi et vendredi de 9h à 12h et de 14h à 17h.

L’accès à la salle de lecture se fait également uniquement sur réservation au 03.24.57.87.15. ou au 03.24.57.40.06. Les réservations sont enregistrées au plus tard à 15H30 la veille du jour prévu de votre visite.

Afin d’assurer la sécurité de tous, des mesures d’hygiène ont également été mises en place. Tout usager doit arriver avec un masque sur le visage, se laver les mains dès son entrée dans le bâtiment et apporter son matériel de travail (crayon, feuilles de papier, pièce d’un euro pour le vestiaire). Le lecteur est autorisé à apporter son ordinateur portable et son appareil photographique le cas échéant.

Les mesures habituelles (gestes barrières et distanciation physique) devront également être respectées.

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L'entreprise Gailly à l'honneur https://archives.cd08.fr/article.php?laref=1644&titre=l-entreprise-gailly-a-l-honneur https://archives.cd08.fr/article.php?laref=1644&titre=l-entreprise-gailly-a-l-honneur Mon, 21 Sep 2020 15:15:37 +0200 Un archiviste, lorsqu’il classe ou reprend le classement d’un fonds, est amené à se renseigner sur ce qu’on appelle dans notre jargon professionnel, l’historique du producteur : plus simplement, pour faire le classement d’une entreprise, il faut connaître son histoire.

L’un de nos collègues, tenace, a donc voulu en savoir plus sur l’historique de l’entreprise Gailly, dont le fondateur est surtout connu aujourd’hui à Charleville pour avoir donné son nom à une rue de la ville.
Belle surprise après de nombreuses recherches dans les actes de société et les dossiers d’inscription au registre du commerce : dans le fonds de l’entreprise, classé en 52J 7, la société se raconte lors du centenaire de l’entreprise en 1946. Un grand évènement est ainsi organisé, le programme reprend l’historique de l’entreprise et une pièce de théâtre, racontant l’histoire de l’usine est également donnée.

La surprise est d’autant plus grande que l’esthétique rejoint l’histoire : la couverture de la pièce de théâtre est un original, comme le montre la reproduction ci-jointe. À y regarder de plus près, quelle allégorie : la date de fondation de l’usine est notée sur le berceau d’un bébé, ce dernier envoie des clous qui passent par la cheminée de l’usine, et en bas, la maison mère (Charleville sur le bandeau de l’adulte) tient sous sa protection la filiale à Meung (Meung-sur-Loire, dans le Loiret, sur le bandeau de l’enfant). Avec encore un peu d’attention, on s’aperçoit que la cheminée précise les noms de la filiation Gailly à la tête de l’usine : Gustave en 1846, Charles en 1886, Paul en 1890, Georges en 1891, Raymond en 1922, Charles en 1924 et Pierre en 1928.

Enfin, pour finir, le dessin est dédicacé à Georges Gailly, et le programme précise : « Georges Gailly, qui, à 80 ans reste toujours attaché à l’usine. »

N’hésitez pas à venir consulter ce fonds aux Archives départementales, nous sommes ouverts les lundi, mercredi et vendredi, de 9h à 12h et de 14h à 17h. Dans le contexte actuel, il vous faut réserver votre place au 03 24 57 40 06.

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La guerre de 1870 dans les Ardennes https://archives.cd08.fr/article.php?laref=1643&titre=la-guerre-de-1870-dans-les-ardennes https://archives.cd08.fr/article.php?laref=1643&titre=la-guerre-de-1870-dans-les-ardennes Mon, 21 Sep 2020 15:15:37 +0200 Après sa victoire à Sedan, le principal objectif militaire de l’armée allemande est la prise de Paris. Les Allemands se contentent donc d’occuper, dans les Ardennes, uniquement une bande de territoire allant de Sedan à Rethel. Tout le nord-ouest du département, notamment les places fortes de Mézières, Rocroi et Givet, reste sous le contrôle des Français.

Dès le 2 septembre, un armistice est conclu entre l’armée ennemie et la place de Mézières afin de ravitailler les prisonniers de guerre français rassemblés sur la presqu’île d’Iges à Sedan et de soigner les blessés. Les villes de Charleville et Mézières accueillent ainsi plusieurs milliers de blessés. Cet armistice dont les clauses comprennent la suspension des hostilités dans un rayon de vingt kilomètres autour de Sedan est à plusieurs reprises prolongé jusqu’à la date du 20 octobre à midi. Les deux camps en profitent pour renforcer leurs positions et redéployer des troupes.

Les Allemands amènent ainsi des soldats près de Mézières. Ils arrivent le 12 septembre à Saint-Marceau puis s’installent le lendemain à Boulzicourt. Ils construisent également une dérivation à la voie de chemin de fer permettant de raccorder la voie ferrée Thionville-Mézières et celle de Mézières-Reims-Rethel sans passer par l’échangeur de Mohon car ce dernier se trouve sous le feu des canons de Mézières.

Les Français profitent de cet armistice pour envoyer, début septembre, des troupes stationnées à Mézières vers Paris pour participer à la défense de la ville. Les défenseurs de Mézières verront encore leur nombre se réduire avec le départ, début décembre, de cent quatre-vingt-cinq artilleurs. Ils vont rejoindre l’armée du Nord, une des armées qui se constituent en province sous l’impulsion du ministre de l’Intérieur Gambetta pour venir en aide à la capitale assiégée. Des travaux de fortifications sont également menés à Mézières et la défense de Charleville est organisée avec la mise en place de barricades au nord et au nord-ouest de la ville.

Après la fin de l’armistice, de nombreux accrochages, escarmouches et coups de main vont avoir lieu entre d’une part les francs-tireurs et l’armée régulière française et d’autre part les troupes allemandes.
Pour n’en citer que quelques-uns, le 26 octobre, les compagnies de francs-tireurs les « Destructeurs » et les « Sangliers » s’unissent pour attaquer une auberge à Launois où un groupe de soldats allemands stationne pour protéger le service du courrier ennemi entre Rethel et Sedan. Le lendemain, toujours à Launois, ces deux compagnies de francs-tireurs sabotent la voie de chemin de fer et font dérailler un train militaire allemand venant de Soissons. Le 13 novembre a lieu au château de Praële une action combinée des francs-tireurs « Les Éclaireurs » et des troupes de la place de Mézières contre des soldats allemands.

Le 15 novembre, les soldats de l’armée régulière de Mézières attaquent des positions allemandes trop proches de la place. La clouterie du Moulin Leblanc est ainsi bombardée et des avant-postes allemands attaqués à Villers-Semeuse.   Le 27 novembre, Rimogne devient également un lieu d’affrontement entre la compagnie des « Chasseurs de l’Argonne » et les troupes allemandes. Les Allemands répondent à ces attaques par des représailles contre la population civile et des opérations de ratissage visant les francs-tireurs.

Afin de mettre un terme à ce climat d’insécurité pour ses troupes, l’armée allemande considère de plus en plus urgente la prise de Mézières. La conquête de cette place lui permettrait aussi de prendre le contrôle de la ligne de chemin de fer Strasbourg-Thionville-Mézières-Paris et de ne plus dépendre exclusivement pour le ravitaillement de ses troupes assiégeant Paris de la ligne Strasbourg-Paris. Elle doit cependant attendre la capitulation de la place forte de Montmédy, le 14 décembre, pour disposer d’un nombre de pièces d’artillerie de siège suffisant pour mener le bombardement de Mézières.

À partir du 25 décembre 1870, les Allemands rapprochent leurs troupes d’infanterie de Charleville et Mézières et commencent les travaux d’installation de leurs batteries d’artillerie.

Un plan extrait d’un ouvrage conservé par la bibliothèque des Archives départementales nous permet de voir que l’essentiel du parc d’artillerie allemand est disposé au sud de Mézières. Il se compose de huit batteries et de cinq emplacements d’artillerie. Trois autres batteries et un emplacement sont situés entre Romery et Saint-Laurent. Enfin, à l’ouest une batterie est positionnée entre Warcq et Prix-lès-Mézières et deux emplacements sont établis sur la route de Rocroi. Au total, près de cent pièces d’artillerie menacent Mézières.

Le 30 décembre, le colonel Blondeau, commandant de la place de Mézières, reçoit du général allemand de Woyna une proposition de reddition l’informant qu’en cas de refus le bombardement de la ville commencerait à « bref délai ». Blondeau ayant refusé de capituler, le bombardement débute le 31 décembre 1870 à 7h30 du matin.

Les Archives départementales conservent sous la forme d’un cahier entré récemment dans ses collections, en 2019, un récit manuscrit du bombardement rédigé par Auguste Laurent Fortemps. Âgé de 58 ans, il est capitaine de la garde nationale sédentaire de Mézières et commande l’artillerie de la fortification appelée Couronne de Champagne située au sud de Mézières. Ce témoignage est d’autant plus intéressant que l’artillerie de la garde nationale sédentaire de Mézières est la seule artillerie qui a tenté de répondre au bombardement allemand. L’artillerie de l’armée régulière a, en effet, rapidement cessé son feu. Le capitaine Fortemps écrit :
 « à 7 heures et demi du matin, j’entendis une détonation… ; une seconde détonation succède à la première et au même instant, j’entends le sifflement d’un obus qui tombe sur une maison du Pont-de-Pierre où elle met le feu en éclatant, plus de doute, le bombardement commence. Je cours aussitôt au poste des canonniers, je prends ceux qui s’y trouvent et les place d’abord dans une batterie blindée armée d’une pièce à longue portée donnant entre St Laurent et Romery d’où je venais de m’apercevoir que le feu de l’ennemi avait commencé ; nous ne tardâmes pas à découvrir l’emplacement de leurs batteries à l’est de la Place, mais comme la neige qui couvrait la terre nous empêchait d’en distinguer les reliefs, nous prîmes des points de repère et commençâmes notre feu ; il était alors près du 8 heures du matin, notre premier coup fut un peu court mais le second nous parut tomber en pleine batterie, effectivement, nous apprîmes quelques jours après que l’officier commandant cette batterie avait été mortellement blessé ainsi que plusieurs de ses canonniers, qu’en outre une de leurs pièces avait été mise hors de service ; les capitaines Girault et Dufour que j’avais fait prévenir ne tardèrent pas à arriver ainsi que plusieurs canonniers de la sédentaire qui malgré le danger se firent un devoir de se rendre à leur poste, c’est alors que l’on pût organiser quatre pièces à longue portée, deux tirant à l’est de la Place et deux au sud, les pièces de l’est étaient commandées par le capitaine Dufour et moi, et celles du sud par le capitaine Girault et le maréchal des logis Villière ; ainsi postés nous répondîmes de notre mieux au feu écrasant de l’ennemi ; mais la citadelle ainsi que les autres ouvrages de la Place qui avaient commencé à tirer et qui pouvaient en continuant nous soutenir efficacement, cessèrent leur feu après une heure de tir, la citadelle surtout qui possédait le meilleur armement de la Place ne fit feu que trois ou quatre fois ; ce qui rendit notre position plus dangereuse, car l’ennemi s’apercevant alors que la Place n’était plus défendue que par une faible partie des ouvrages de la Couronne Champagne, convergea une partie de ses feux sur ces ouvrages et nous couvrit de projectiles ; malgré cette périlleuse position nous n’en continuâmes pas moins notre feu jusque vers trois heures de l’après-midi, heure à laquelle, une forte brume jointe à la fumée de l’incendie de la ville…. nous empêcha de distinguer au loin et nous força…à rentrer dans le poste abri le plus proche de nos batteries …persuadés que l’ennemi avec un pareil feu aurait bientôt épuisé ses munitions… il n’en fût pas ainsi car l’ennemi ne discontinua pas son feu de la nuit et le redoubla le lendemain matin… et malgré le drapeau blanc arboré dès 6 heures du matin au clocher de l’église il ne cessa de tirer jusqu’à dix heures du matin, heure à laquelle on vînt nous apprendre que la Place avait capitulée. »
Après plus de vingt-six heures de bombardement pendant lesquelles la ville reçoit plus de six mille trois cents projectiles, Mézières est en ruines. Deux cent soixante-deux maisons sont détruites, cent soixante-quatorze sont entièrement incendiées sur les cinq cent six que compte la ville et quarante habitants sont retirés des décombres. De nombreux cadavres sont retrouvés sous les gravats dans les caves des immeubles. Charleville est moins touchée. Une protestation aux conclusions de l’enquête sur le siège de Charleville formulée par les gardes nationaux de la ville nous apprend que « plusieurs maisons ont été incendiées, que trente habitants au moins ont été atteints par les projectiles, la moitié mortellement ; qu’au moment où ils sortaient du Conseil Municipal, un conseiller a été tué par un obus presque sur le seuil de l’Hôtel de Ville, et un de ses collègues grièvement blessé ».

Quatre jours plus tard, le 5 janvier, la place de Rocroi se rend elle aussi. À partir de janvier 1871, la quasi-totalité du département est occupée, seule la pointe de Givet reste sous le contrôle de la France.

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Départ aux Archives départementales des Ardennes https://archives.cd08.fr/article.php?laref=1642&titre=depart-aux-archives-departementales-des-ardennes https://archives.cd08.fr/article.php?laref=1642&titre=depart-aux-archives-departementales-des-ardennes Mon, 21 Sep 2020 15:15:37 +0200 A compter du 1er septembre 2020, Éric Montat, directeur des Archives départementales des Ardennes depuis juillet 2015, quitte le département.

Délaissant la magnifique vallée, les forêts mystérieuses, la Meuse endormeuse, la galette à sucre, le carolo ou la cacasse, il s’en va diriger d’autres archives, sous d’autres latitudes. Il rejoint en effet Albi où il dirigera les Archives départementales du Tarn.

Nul doute que les Ardennes auront laissé leur empreinte dans l’esprit de ce forézien de souche. Nous lui souhaitons bonne continuation !

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L'instruction primaire dans les Ardennes, sous la Monarchie de Juillet https://archives.cd08.fr/article.php?laref=1639&titre=l-instruction-primaire-dans-les-ardennes-sous-la-monarchie-de-juillet- https://archives.cd08.fr/article.php?laref=1639&titre=l-instruction-primaire-dans-les-ardennes-sous-la-monarchie-de-juillet- Mon, 21 Sep 2020 15:15:37 +0200 Retrouvée dans un fonds d’archives communales, cette affiche présente l’enseignement tel qu’il était pratiqué dans le ressort du comité supérieur de Mézières.

12 articles édictent ainsi les règles à appliquer dans les écoles communales avec pour but d’établir un ordre plus régulier d’enseignement primaire dans les écoles. La durée de la journée dure 7 heures et l’enseignement est sectionné en 3 divisions. En 1839, nous sommes sous la Monarchie de Juillet ; le catéchisme et les prières entament la journée. L’article 7 impose ainsi aux élèves de se mettre à genoux pour la prière, dite à voix haute par l’un d’eux. Quant à l’article 6, il impose propreté des mains et de la tête avec le renvoi de l’élève malpropre, qui encourt de plus une punition.

En ce qui concerne les matières enseignées, la première division alterne catéchisme, lecture, écriture et calcul verbal. Grammaire et arithmétique s’invitent dans les leçons des élèves de la deuxième division, tandis que la composition française et l’analyse de lecture sont réservées aux élèves de la troisième et dernière division. Il est à noter également que les élèves des deuxième et troisième divisions deviennent moniteurs des plus jeunes.

L’affiche précise également quels sont les livres recommandés pour l’instruction primaire, ainsi que les objets de l’enseignement : on voit ici encore le catéchisme et l’histoire sainte notés en tête des enseignements.

Enfin, si l’on prend connaissance des membres du comité supérieur de Mézières en bas de l’affiche, cette dernière ne précise pas combien d’enfants pouvaient être concernés, ni l’âge de ces derniers.

Application de la loi Guizot votée en 1833, ce règlement « particulier » pour les écoles communales du comité supérieur de Mézières a précédé les lois Jules Ferry de 1881-1882, mais à cette époque, pas de laïcité, pas de gratuité, et pas d’obligation… une autre façon d’enseigner sous la monarchie constitutionnelle au XIXe siècle en France.

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La guerre de 1870 dans les Ardennes https://archives.cd08.fr/article.php?laref=1638&titre=la-guerre-de-1870-dans-les-ardennes https://archives.cd08.fr/article.php?laref=1638&titre=la-guerre-de-1870-dans-les-ardennes Mon, 21 Sep 2020 15:15:37 +0200 Un plan de la bataille conservé aux Archives départementales montre que, le 1er septembre 1870, l’armée française, représentée en rouge et positionnée au nord et à l’est de Sedan, est encerclée par l’armée ennemie, figurée en bleu.

Depuis le début de la matinée, les troupes françaises sont bombardées par l’artillerie allemande forte d’environ cinq cents canons et installée sur les hauteurs qui entourent la ville de Sedan. De nombreux soldats français sont tués ou blessés par des obus ou des éclats d’obus sans avoir même pu combattre. L’artillerie française, dont les canons ont une portée beaucoup plus courte que ceux de l’ennemi, ne peut répondre à ces bombardements intenses. Les quelques batteries françaises qui essaient de s’organiser pour soutenir l’infanterie sont rapidement détruites par les obus ennemis. Malgré des combats d’infanterie importants au calvaire d’Illy et des charges de la cavalerie sur le plateau de Floing, l’armée française ne peut, ni empêcher son encerclement, ni effectuer une brèche dans l’épais rideau des troupes d’infanterie allemandes. L’armée française fait en effet face à une armée deux fois plus nombreuse comprenant plus de deux cent mille hommes.

Face à ce déluge d’acier, face au feu intense des tirs de l’infanterie ennemie, l’armée française recule sur tous les fronts et effectue un mouvement de retraite vers la ville de Sedan.
Vers quinze heures, Napoléon III fait dresser un drapeau blanc sur la citadelle de Sedan mais celui-ci est vite abattu. Une heure plus tard, le général de Wimpffen, commandant en chef de l’armée française, tente d’effectuer une dernière percée en direction de Balan, dans l’espoir de pouvoir effectuer une retraite vers Carignan. Une fois encore, après de violents combats, les troupes françaises sont obligées de se retirer. Les derniers soldats français quittent Balan vers dix-sept heures vingt.

Vers dix-huit heures, le drapeau blanc flotte une nouvelle fois sur la citadelle. Les bombardements continuent encore quelques minutes puis, vers dix-huit heures quinze, les combats cessent. À la fin de bataille, les soixante-quinze à quatre-vingt-mille hommes qui restent sur pied sur les cent trente mille environ que comptait l’armée française à son départ de Chalons sont entassés dans la forteresse de Sedan, une partie sur les remparts et une autre en cohue dans la ville.

Un autre épisode marquant de la bataille de Sedan est illustré par une lithographie de l’imprimeur alsacien Frédéric Charles Wentzel qui, grâce à l’importante production de ses presses situées à Wissembourg, diffuse à la fin du XIXe siècle, ses gravures dans toute l’Europe. Si, contrairement à l’impression donnée par ce document, le roi Guillaume de Prusse ne se trouve pas au cœur des combats, il effectue bien au coucher du soleil une visite du champ de bataille. Il est alors accompagné du général en chef allemand Moltke, de son premier ministre Bismarck et de son fils le prince de Prusse. Cette représentation du roi victorieux à Sedan est importante car la défaite française à Sedan constitue un événement majeur de l’histoire de la création de l’empire allemand. Elle est célébrée jusqu’en 1919 en Allemagne lors de la journée commémorative du Sedantag (jour de Sedan).

Dans la matinée du 2 septembre 1870, l’armée française capitule. Napoléon III, avant la signature de la capitulation, sort de la ville de Sedan. Après un entretien avec Bismarck à Donchery et une courte entrevue avec le roi Guillaume au château de Bellevue, il part pour son lieu de captivité, le château de Wilhemshöhe près de Cassel. L’armée française est, elle aussi, faite prisonnière et rassemblée dans la presqu’île d’Iges. À partir du 6 septembre et pendant dix jours, les soldats français sont progressivement conduits vers des camps de prisonniers en Allemagne.

Le 3 septembre 1870, la nouvelle de la capitulation de l’armée et de la reddition de Napoléon III se répand dans Paris. Le premier ministre français, le comte de Palikao, réunit dans la nuit le Corps législatif pour une séance exceptionnelle. Jules Favre, chef de l’opposition républicaine, propose la déchéance de l’empereur et de la dynastie. La séance se termine sans qu’une décision ait été prise.

Le 4 septembre, dès onze heures du matin, une foule de cent mille à cent cinquante mille personnes s’est rassemblée sur la place de la Concorde. Les troupes chargées de défendre le Corps législatif laisse la foule traverser le pont de la Concorde et pénétrer dans le Palais Bourbon. À quatorze heures quinze, l’hémicycle est envahi. Le député Léon Gambetta entraîne alors les manifestants à l’Hôtel de Ville d’où il proclame la République. Un gouvernement de défense nationale composé de députés républicains de Paris y est également mis en place.

Le Second Empire prend fin mais la guerre, elle, ne fait que commencer.

 

Découvrez un casque de garde du corps royal prussien sur le site du Musée Guerre et Paix en Ardennes à l’adresse suivante https://www.guerreetpaix.fr/objets-du-mois/casque-garde-corps-royal-prusse

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