La Conservation départementale des Antiquités et objets d'arts

La Conservation départementale des Antiquités et objets d'arts, dont le siège se situe aux Archives départementales, recense et protège les objets mobiliers dans le ressort du département, sous l'autorité du préfet de Région et en collaboration avec la Conservation régionale des Monuments historiques et l’Architecte des Bâtiments de France. Les Ardennes comptent près de 1330 objets protégés au titre des monuments historiques, recensés dans les collections appartenant très majoritairement aux près de 450 communes mais aussi à l’État, à des établissements publics ou à des personnes privées (particulier ou association).

Documentation PDF téléchargeable 

 Châsse, XIIIe siècle, cuivre : émail champlevé de Limoges, Brienne-sur-Aisne, classée en 1896

Châsse, XIIIe siècle, cuivre : émail champlevé de Limoges, Brienne-sur-Aisne, classée en 1896


Les missions

La Conservation des Antiquités et Objets d'Art (CAOA) a été créée par décret du 11 avril 1908 pour protéger le patrimoine des églises après la loi de séparation des Églises et de l’État du 9 décembre 1905. Dans les Ardennes, elle a été rattachée aux Archives départementales entre 1924 et 2003 et, à nouveau, depuis le 1er janvier 2022. Les Archives départementales possèdent donc une longue tradition dans les missions que sont de recenser les objets publics, de les protéger au titre des monuments historiques, de contrôler leur restauration, et enfin de les valoriser. Ces missions sont accomplies par délégation du Préfet et en collaboration avec la Conservation régionale des Monuments historiques au sein de la Direction régionale des affaires culturelles du Grand Est (DRAC).

 

Mise au tombeau, XVe-XVIe siècles, collégiale Saint-Ermel de Vireux-Molhain, classée en 1961

Mise au tombeau, XVe-XVIe siècles, collégiale Saint-Ermel de Vireux-Molhain, classée en 1961

 

Recenser

Au cours de visites sur le lieu de conservation, le conservateur ou le conservateur-délégué vérifient la présence et l'état des objets inventoriés et en effectuent le récolement ; à cette occasion, une fiche avec photo et description détaillée est établie pour chaque objet. Cette documentation est particulièrement précieuse en cas de vol. Ces rencontres sur le terrain permettent aussi de conseiller et d'informer les propriétaires sur les mesures à prendre pour sécuriser, restaurer ou mettre en valeur les objets.

 

 Métiers à tisser Jacquard, XIXe-XXe siècles, Tapis-point de Sedan, classés en 2012

Métiers à tisser Jacquard, XIXe-XXe siècles, Tapis-point de Sedan, classés en 2012

 

Protéger

Depuis 1905, les objets conservés dans les édifices cultuels sont propriété communale, au même titre que les édifices eux-mêmes. En aucune façon, ils ne peuvent être restaurés, modifiés ou vendus à l'initiative des paroissiens ou du clergé, devenu affectataire. Les objets acquis après 1905 appartiennent aux paroisses. Trois niveaux de protection s'appliquent aux objets mobiliers, selon leur intérêt artistique ou historique :

-        Le classement : la Commission régionale des monuments historiques du Grand Est décide du classement au titre des monuments historiques d'objets présentant "au point de vue de l'histoire, de l'art, de la science ou de la technique un intérêt public". Les objets classés ne peuvent être déplacés, modifiés ou restaurés sans l'accord préalable de la Direction régionale des affaires culturelles qui autorise et vérifie les travaux. Ils sont inaliénables (un objet du domaine public ne peut être vendu qu'à un autre propriétaire public, après autorisation du ministère de la Culture) et imprescriptibles (ils peuvent être revendiqués sans limitation de temps en cas de vol).

-        L'inscription : La Commission régionale du patrimoine et de l’architecture (CRPA), placée auprès du préfet de région, décide de l'inscription à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques d'œuvres présentant "au point de vue de l'histoire, de l'art, de la science ou de la technique un intérêt suffisant pour en rendre désirable la préservation". Les objets inscrits ne peuvent être transférés, cédés, modifiés, restaurés sans informer préalablement deux mois à l'avance du ministère de la Culture via le Conservation des Antiquités et Objets d'Art.

 

-        Le répertoire ou le recensement : les objets sans protection juridique et présentant un intérêt artistique ou ethnologique sont recensés dans un répertoire départemental.

Pour toute demande de protection, le propriétaire doit contacter le Conservateur des Antiquités et Objet d’Art ou la DRAC Grand Est qui jugeront de l’opportunité de la demande après une visite sur place et assureront la présentation en commission régionale du dossier.

 

 Coupé trois-quarts fabriqué à Paris par les successeurs des établissements Belvallette-Frères, fin XIXe siècle-début XXe siècle, inscrit en 2022

Coupé trois-quarts fabriqué à Paris par les successeurs des établissements Belvallette-Frères, fin XIXe siècle-début XXe siècle, inscrit en 2022

 

Restaurer

La restauration des objets classés relève des services de l'État, le conservateur des Monuments historiques instruisant les dossiers. Le conservateur des Antiquités et Objets d'Art, qui réside dans le département, fait très souvent le lien entre les propriétaires et le conservateur des Monuments historiques. Lors des récolements, le conservateur des Antiquités et Objets d'Art indique les problèmes sur le mobilier classé. La restauration doit être confiée à des personnes diplômées et travaillant sous le contrôle scientifique et technique de l’État assuré par le Conservateur des Antiquités et Objets d’Art et la DRAC.

La restauration des objets inscrits relève du conservateur des Antiquités et Objets d'Art, qui instruit les dossiers. La restauration des objets mobiliers peut être subventionnée, notamment par l'Etat (Direction régionale des Affaires culturelles).

 

Valoriser

Le conservateur des Antiquités et Objets d'Art informe les élus, le clergé affectataire et toutes les personnes concernées des obligations légales envers le patrimoine. Il répond aux demandes d'intervention, conseille en vue d'améliorer les conditions de conservation et de favoriser la mise en valeur des objets. Des expositions, des publications et des recherches documentaires permettent de sensibiliser le public à la préservation de ce patrimoine souvent fragile.

 

Quelques recommandations pour prévenir les sinistres et les dégradations :

 

Vols

Les objets d’art sont souvent victimes de vols. Malgré cela, la conservation des objets dans leur édifice d’origine est à privilégier. Pour mieux sécuriser les objets, des mesures simples sont à prendre avant d’effectuer des travaux :

 

-        Fermer les églises la nuit et le jour si elles sont trop isolées

-        Ne pas confier les clés à des personnes inconnues

-        Laisser les sacristies fermées à clés

-        Contrôler régulièrement la présence des objets à leur emplacement

-        Organiser la surveillance pendant les heures d’ouverture de l’édifice et accompagner les visiteurs

D’autres mesures de sécurité très efficaces peuvent être prises :

-        Alarmes

-        Pose de barreaux aux fenêtres

-        Pose de serrures de sécurité

-        Scellement de la statuaire, fixation des tableaux

-        Orfèvrerie conservée dans un coffre-fort ou dans la sacristie fermée à clé

Si malgré tout cela, des objets protégés au titre des monuments historiques sont volés, une procédure est à suivre :

-        Prévenir la conservation des AOA

-        Dépôt de plainte auprès de la brigade de gendarmerie ou du commissariat de police compétent en précisant la qualité du déclarant et le propriétaire du bien

-        Transmettre aux services de police la documentation fournie par le CAOA pour permettre l’identification ultérieure de l’objet dérobé : photographies, dossiers de restauration, marquages, dimensions, etc.

-        Alerter le ministère de la Culture et le centre technique de la Gendarmerie Nationale (Service technique de recherche et de documentation) de Rosny-sous-bois et à l’Office Central de lutte contre le trafic des Biens culturels (OCBC-Direction centrale de la police judiciaire, 8 rue de Penthièvre 75008 Paris, tél : 01.40.07.67.85 ou 01.49.27.49.27, fax : 01.40.07.67.89).

 

Incendie

Afin de prévenir tout risque d’incendie, vous pouvez demander conseil aux Sapeurs-Pompiers. Auparavant, vérifier que certaines mesures simples ont été prises :

-        Equipement d’un paratonnerre

-        Conformité de l’installation électrique

-        Surveillance de l’installation électrique et des appareils de chauffage

-        Vigilance particulière des cierges et bougies et à leur utilisation (débarrasser au fur et à mesure les résidus, ne pas les stocker en trop grande quantité, désaffecter les supports instables et écarter les supports des objets et des meubles inflammables)

Attention :

-        Si l’édifice est inscrit ou classé monument historique, vous devez consulter en premier lieu l’architecte des bâtiments de France (A.B.F) qui envisagera les travaux

-        Si l’édifice conserve des objets protégés au titre des monuments historiques, la conservation des AOA doit être concertée lors des travaux afin d’en prévoir les conséquences éventuelles

 

Humidité

L’humidité est fréquente dans les églises et elle est souvent responsable d’une détérioration rapide des objets. L’étanchéité du bâtiment est le premier élément à vérifier et s’il y a des travaux à réaliser, ils doivent être prioritaires. Ensuite soyez vigilants à l’état des canalisations. Dans les pratiques courantes, privilégiez les nettoyages des sols à sec (balai, aspirateur), lors des fleurissements de l’extérieur de l’édifice, privilégiez les jardinières aux parterres et débarrasser les abords des matériaux entreposés inutilement.

Si vous constatez des traces de condensations, de champignons, de moisissures ou de pourritures sur les objets protégés au titre des monuments historiques ou présentant un intérêt patrimonial, prévenez le Conservateur des Antiquités et Objets d’art qui examinera les interventions d’urgence à réaliser par un restaurateur.

 

Infestations

Trois types d’animaux peuvent nuire à la conservation des objets et de l’édifice : les rongeurs, les oiseaux et les insectes. Pensez à vérifier si vous êtes dans une zone géographique contaminée par les termites, et si c’est le cas, exercer une vigilance accrue.

Pour limiter les dégâts dus aux animaux :

-        Procéder à un ménage régulier de l’ensemble de l’édifice (combles, escaliers, etc.)

-        Surveiller le climat du bâtiment en limitant l’humidité

-        Éviter la pénétration d’oiseaux en remplaçant les vitres cassées ou en installant du grillage aux fenêtres et baies

Si vous constater des attaques sur des objets protégés au titre des monuments historiques ou présentant un intérêt patrimonial, par des insectes xylophages ou des rongeurs (textiles), prévenez le Conservateur des Antiquités et Objets d’art qui vous indiquera la marche à suivre.

 

Maintenance des lieux et des objets

Un classeur mis à jour régulièrement peut vous aider pour organiser la maintenance des lieux. Il doit contenir :

-        Un plan de l’église avec la localisation datée de chaque objet

-        Des documents complémentaires (photos, etc.)

-        La liste des noms et coordonnées des personnes impliquées dans la maintenance et la surveillance courante du bâtiment

-        Des consignes précises en cas de vol d’un objet

-        La liste des objets protégés ou non

 

Quelques conseils supplémentaires en matière de dépoussiérage :

-        Ne pas dépoussiérer une œuvre d’art peinte ou dorée

-        Ne pas laver des objets en pierre mais les dépoussiérer quand la surface n’est pas poudreuse avec un pinceau souple et doux

-        Ne pas nettoyer l’orfèvrerie avec des produits du commerce mais l’essuyer avec un chiffon sec doux en portant des gants

-        Ne jamais laver des textiles anciens, mais épousseter délicatement avec un pinceau souple et propre

-        Ne pas nettoyer les vitraux avec du produit à vitres

-        Ne pas brosser les peintures murales ni les dépoussiérer à la tête de loup

 

Enfin soyez vigilant à l’exposition à la lumière de certains objets comme le textile. Ne jamais les exposer à la lumière directe et organiser des roulements dans l’exposition des objets. Ne les sortez par exemple que pendant la période la plus touristique. Pendant le reste du temps, stockez les textiles à plat dans des housses de coton (qui peuvent être réalisées avec des draps anciens) ou dans du papier de soie à l’abri donc de la lumière et de la poussière.

 

 

Contact

Conservateur des Antiquités et Objets d’art :

Léo DAVY

Leo.davy@cd08.fr

06 17 10 76 03