Archives départementales des Ardennes

Albums de photographies de famille

Prises par Louis Desrousseaux, 1901-1917

Conservés sous les cotes 7J 119 à 7J 121, deux albums photographiques et une pochette de douze tirages supplémentaires témoignent de la vie familiale et des voyages de Louis Desrousseaux au début du XXe siècle. Ces documents offrent un aperçu du quotidien et des loisirs d’une famille bourgeoise ardennaise durant la Belle Époque.

Né à Givonne le 19 février 1853, Louis Desrousseaux épouse Marie Guelliot à Vouziers en 1881. Cette dernière est la sœur du docteur Octave Guelliot (1854-1943), médecin et historien du Vouzinois bien connu des Ardennes. Inspecteur général des finances, Louis Desrousseaux est également le premier membre de sa famille à quitter les Ardennes pour faire carrière à Paris. Il y décède en 1929. Les albums couvrent successivement les années 1901 à 1905 et 1905 à 1917.

Nous découvrons à travers l’objectif de Louis Desrousseaux un univers familial privilégié, constitué de voyages, de promenades et de réunions entre proches. Les photographies montrent aussi bien les enfants et petits-enfants de la famille que des portraits d’adultes ou des scènes plus spontanées prises lors d’excursions. Il y inclut également des autoportraits, ses fils Robert et Marcel Desrousseaux, son épouse, ses frères Alfred, Georges, Charles et Léon Desrousseaux, ses neveux et nièces et ses parents.

Les nombreux clichés de voyage représentent un intérêt important pour cet ensemble. On y découvre des séjours dans les Vosges, en Alsace et dans la Forêt-Noire (empire allemand) durant l’été 1905, mais également des vues prises à Paris ou encore en Bretagne. Les paysages, les randonnées et les scènes de vacances traduisent l’expansion du tourisme et des loisirs au sein des classes aisées au tournant du siècle.

Certaines photographies documentent également des événements officiels, comme des inaugurations de monuments à Vouziers. On reconnait aussi des lieux réputés ou populaires comme l’École polytechnique ou le jardin des Tuileries à Paris. D’autres images révèlent dans l’intimité l’organisation sociale de cette famille bourgeoise. Les domestiques y apparaissent parfois aux côtés de leurs employeurs, offrant un témoignage rare sur les rapports sociaux de l’époque.

Louis Desrousseaux traduit dans ses albums personnels un art de vivre, par l’évolution de sa famille et de ses voyages. Entre souvenirs intimes et témoignages historiques, les photographies de ce père de famille illustrent les pratiques photographiques amateures qui se développent alors grâce à la démocratisation des appareils photographiques portatifs au début du XXe siècle.

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